Elle commença à pleurer.
« Ne vous inquiétez pas, je vais faire de mon possible. Mais d'abord, laissez moi prendre quelques mesures indispensables. »
Il se tourna vers les médecins, cette nuée de vautours attendant la mort du Roi.
« Que tout le monde sorte, il faut privilégier la qualité à la quantité. »
Les docteurs sortirent un à un de la pièce malgré les réticences de certains.
« Vous croyez être plus savant que nous ! » grogna l'un d'eux, « j'attends de voir ça ! »
Il quitta la chambre que lorsqu'il vit s'approcher les gardes. Il ne resta dans la pièce que la Reine, une servante et le vieillard.
« Et puis ouvrez ces rideaux, l'obscurité donne une perspective plus dramatique des choses... »
Dès que la lumière emplit la pièce, le vieil homme se pencha sur le monarque.
« Etrange... » murmura le G.P.S. « Vraiment étrange... »
« Excusez-moi », dit la Reine, « mais qu'est-ce qui est donc si étrange ? »
Le vieil homme fixa la femme de ses yeux pâles.
« Je me souviens de chaque symptôme de chacune des maladies, votre Majesté. Mais le mal dont est atteint le Roi m'est inconnu. »
Le vieillard observa le malade. Sa respiration était très lente. Ses yeux vitreux, au milieu de son visage couleur très pâle, semblaient regarder dans le vide ; ou du moins, ils fixaient un élément sans importance.
« Il n'y a qu'un seul moyen de le sauver ! Réunissez immédiatement tous les chevaliers du royaume. »
Le lendemain, les preux chevaliers ainsi qu'une foule de personnes furent réunis dans les jardins du palais royal.
« Le Roi est mourant, clama le G.P.S. Toutefois, il y a un moyen de le guérir de cette mystérieuse maladie. Il existe un grimoire qui possèderait la formule de l'antidote : le grimoire de la Destinée. »
« Ce n'est qu'une légende. » intervint un cavalier.
« Toute légende possède une once de vérité. » expliqua le vieil homme « Qui veut se porter volontaire ? »
Des dizaines de bras s'élevèrent au-dessus de la foule.
« Ce n'est pas un redoutable mage diabolique qui détient cet ouvrage » s'ingéra le médecin qui l'avait interpellé dans la chambre du Roi.
Toutes les mains s'abaissèrent très rapidement, et des voix s'élevèrent de la foule.
« Cela fait en effet parti de la légende ! » éclaircit le G.P.S.
Ce dernier fixa la cohue.
« La force ne suffira pas pour accomplir cette quête. La sagesse sera aussi très importante. C'est pourquoi je vais vous poser une question, afin de déterminer qui sera capable et digne de mener cette recherche. Voici l'énigme : c'est un homme d'une cinquantaine d'années, un avare, en train de se noyer près d'un quai quelque peu trop haut. Les passants, n'aimant pas vraiment ce vieil homme, le laissent se noyer sans intervenir. Toutefois, un homme décide d'intervenir et lui dit : “Monsieur, donnez-moi votre main ! Vite Monsieur, donnez-moi votre main !” Mais l'avare refuse. Un autre homme, plus jeune, s'avance sur le quai à côté du premier homme et parle à l'avare pour le sauver. Ce dernier, à la surprise générale, tend la main au second homme. Qu'a dit ce dernier à l'avare ? »
Un pesant silence régna sur la foule. Après de longues minutes, un chevalier décida de lever la main.
Selon vous, que va répondre cet homme ?
Je sais, je me suis fait désiré... Mais bon, cela valait la peine d'attendre... (Modestie à l'état pure !)